15.07.2007

UN ETE PAR INTERMITTENCE

"A la St-Donald, il ne fait pas un froid de canard" 

Il serait difficile de se plaindre de la chaleur, après avoir vécu des températures parfois bien fraîches ces dernières semaines, surtout quand on habite dans certaines régions de la moitié nord. 

En regardant les températures des deux journées passées, on a peine à le croire, tellement la différence est importante: les 30° sont dépassés sur une grande partie du pays, de la Picardie au quart nord-est, à l'Ile-de-France, au Berry, en vallée du Rhône, du Poitou aux Pyrénées ( 36.7° à Socoa, 36.1° à Biarritz, 35°1 à Colmar, 33.3° à Paris, 32.5° à Auxerre, 32.1° à Châteauroux, 31.9° à Nancy, 31.5° à Mâcon, 31.1° à Avignon, 30.8° à Niort, 30.2° à Abbeville), même vers 18 heures ce dimanche. 

En dehors de l'ouest de la Bretagne, qui subit quelques pluies et où les températures n'atteignent même pas les 20°, il fait chaud sur la France, des remontées d'air chaud venu de l'Espagne et d'Afrique du Nord, mais cette remontée, favorisée par la présence de hautes pressions sur la Méditerranée, est provisoire, avec la mise en place d'une dépression au large de l'Irlande, alimentée par de l'air plus frais venu du nord de l'Europe, cet air frais et plus humide va s'étendre dans les prochains jours et déstabiliser quelque peu le temps sur une partie de la France: le flux océanique se remet en place, mais dans un premier temps, après une dégradation orageuse, provisoire elle aussi, les journées ne devraient pas être si maussades que cela, la suite, par contre, étant peut être moins souriante, nous en reparlerons. 

En dehors de BURKHARD, cette zone de basses pressions situées près des îles britanniques, l'air plus frais s'infiltrant en altitude plus au sud favorise la formation de petites cellules dépressionnaires, qui pourraient aider au développement d'un temps orageux et instable également sur le sud-ouest, en plus de l'arrivée d'un front un peu plus organisé qui circulera plus au nord durant la journée de lundi.  

Ensuite, les hautes pressions auront du mal à se rétablir sur la France, même si globalement la circulation perturbée aura tendance à remonter vers la Scandinavie en cours de semaine.

 Le problème provient de la position de l'anticyclone Atlantique, qui ne parvient toujours pas à étendre suffisamment son influence sur l'ouest de l'Europe, laissant ainsi la voie souvent ouverte à un flux humide et un peu plus frais que la normale.

 Certains modèles voient même une aggravation plus nette de la situation pour la dernière décade de Juillet, avec des températures qui restent généralement inférieures aux normales de saison, en particulier pour les régions de la moitié nord de la France.

 Lundi, les plus fortes températures se situent de l'Espagne aux Pays Baltes et à la Mer Noire, avec parfois plus de 35° de la Pologne aux Balkans, ainsi que sur le nord-est de la péninsule ibérique. Les îles britanniques dépasseront à peine les 20°, et seulement sur l'Angleterre. En revanche, on pourra relever plus de 25° sur le sud de la Scandinavie et le Danemark. Avec la présence d'une dépression en Mer d'Irlande, les vents seront assez modérés à assez forts au large de la Bretagne ainsi qu'en Mer Egée.

 Mardi, le centre dépressionnaire a tendance à remonter vers la Scandinavie, de l'air plus frais s'installe un peu plus sur le nord-ouest de l'Europe. Les vents les plus forts se concentrent entre l'Ecosse et la Norvège, ainsi qu'en haute Mer du Nord. Il continue de faire plus de 30° de l'Aquitaine à la vallée du Rhône, sur une grande partie de l'Espagne, plus de 35° sur l'Italie, de 30 à 35°, voire plus, de la Baltique à l'Adriatique et à la Mer Noire, avec parfois plus de 40° dans le secteur des Balkans.

 Mercredi, les hautes pressions tentent de se reconstituer sur l'Allemagne, mais avec des effets mitigés compte tenu de la réserve d'humidité présente sur le continent. Plus au nord, d'autres dépressions circulent, entre Royaume Uni et Finlande. Les vents sont toujours bien présents en Mer du Nord, en particulier sur les côtes norvégiennes, en Mer Baltique. Les plus hautes températures se localisent désormais de l'Italie à l'Ukraine, les 40° sont encore dépassés sur les mêmes secteurs que la veille, tandis que les valeurs sont plus classiques entre l'Atlantique et la Baltique.

 Jeudi, conflit entre deux masses d'air bien différentes, l'instabilité en est le résultat le plus concret, on aura bien du mal à trouver un endroit où le soleil brille sans contestation sauf peut être sur les pays méditerranéens. Le vent pourrait se renforcer entre le Portugal et les Canaries, rester sensible en Mer du Nord, dans la Baltique et en Mer Egée. Plus de 40° parfois entre l'Adriatique et la Mer Noire, le sud de la Russie, alors que l'on peinera à dépasser les 10° sur l'Ecosse, les 20° sur les côtes de la Manche en France. 

Vendredi, de l'air plus frais continue d'envahir l'Europe en altitude, les effets pourraient commencer à se faire sentir en surface, alors que les fortes chaleurs persistent plus à l'est, de l'Europe centrale à la Grèce et à la Mer Noire. Au-delà des Açores, les hautes pressions sont beaucoup plus présentes et véhiculent beaucoup d'air chaud en altitude comme en surface, un véritable réservoir pour la suite et surtout la fin du mois de juillet, pour autant que l'on puisse le préciser à cette échéance. 

En effet, tout semble réuni pour une belle bagarre bien dynamique entre cet air chaud et de l'air plus frais qui reste assez présent sur l'Europe du nord. Tout dépendra également de la capacité de cet anticyclone atlantique à s'étendre ou pas vers l'ouest de l'Europe, ou au contraire, favorisera t'il la descente d'air plus frais et humide venu des latitudes plus nordiques.